Interview Bastien Masson

Salut, peux-tu te présenter rapidement ?

-Je m’appelle Bastien Masson, j’ai 33 ans, j’habite dans le Cantal.
Je fais de la photo de nature sauvage (animaux et Flore).
Un peu de proxiphotographie et de macro aussi. Je recherche essentiellement des ambiances et des attitudes. Je mets un point d’honneur à travailler exclusivement en lumière naturelle et à bosser suffisamment mes réglages dès la prise de vues pour m’éviter de passer trop de temps en post traitement. Je n’utilise pas Photoshop.

Comment t’es tu lancé dans ce domaine précis de la photographie ?
Et as-tu reçu du soutien de tes proches pour te lancer ?

– Je fais de l’observation animalière depuis tout gosse, mes parents étaient bergers et j’ai côtoyé une faune très abondante en suivant les troupeaux de la Haute-Savoie au parc du Mercantour. Il y a peu j’ai eu envie de ramener des souvenirs de ces observations et j’ai fait l’acquisition de mon premier reflex en 2019. Dans l’ensemble, mes proches me soutiennent et sont assez admiratifs de la prise de risque que représente le fait de se lancer dans un domaine artistique et de tenter de vivre de sa passion.

Comment procèdes-tu pour observer/photographier tes sujets

-Beaucoup de terrain, j’explore un périmètre de 30 km autour de chez moi, le plus souvent à pied. J’ai appris à être attentif aux moindres signes et indices de présence. Ensuite je bosse un peu la topo à la maison en m’aidant à Google earth pour repérer les passages les plus appropriés ou me poster sans prendre le risque de déranger pendant l’approche du site.

Quelles précautions prends-tu avant et pendant tes excursions photographies ?

-Je préviens toujours ma compagne de l’endroit ou je me rends et je lui montre ma localisation précise avant de partir.

Pas de matos de soin mais toujours une lampe frontale, de quoi faire du feu et de l’eau au minimum. J’ai toujours en tête la possibilité d’être coincé sur place, que ce soit pour raison météo ou par absence de créneau pour quitter l’affût sans être vu, donc j’ai de quoi m’habiller chaudement et me protéger de la pluie.
Je ne me renseigne pas particulièrement sur les plans de chasse, j’évite les jours critiques (dimanche) et je me fie aux rangées de 4*4 garées en bord de route. Je pars du principe que c’est à eux de faire attention et de se signaler, pas à moi. Si jamais des chasseurs débarquent pendant un affut, je ne me montre pas et reste en observation pour éventuellement capter des comportements répréhensibles et au besoin, je suis en contact avec des agents de l’OFD (je travaille beaucoup dans des zones classées (sites NATURA 2000, forêts anciennes, parc naturel régional…).

Quelles sont selon toi les qualités nécessaires pour photographier la faune sauvage ?

-Être constamment attentif, ne pas être pressé, ne pas être frustré, ne rien attendre tout en étant patient, ne jamais négligé le facteur “chance”, rester calme, aimer être seul, toujours y croire, toujours avoir son boîtier prêt à déclencher à portée de main.

Pourquoi publies-tu tes photos sur internet et cela a-t-il eu des conséquences sur ta vie ?

-Je n’ai jamais été sur les réseaux sociaux avant de me mettre à la photo. Instagram m’est apparu comme une bonne solution pour partager mes images et faire connaître mon projet. J’y ai découvert une vaste communauté de photographes animaliers entre autres. J’y ai trouvé des sources d’inspiration et des conseils pour débuter. Ça m’a aussi permis de faire quelques belles rencontres (virtuelles et réelles) avec des gens qui ont pris le temps de me conseiller et de m’aiguiller quand j’en avais besoin. J’ai également pu collaborer avec certains photographes autour de différents travaux d’écriture(mon autre passion) en lien avec la nature sauvage(récits immersifs, descriptions de photographies, textes de présentation d’expos, titre de livre photo…etc.)).

Quel matériel photo utilises-tu et où peut-t-on retrouver ton travail ?

– J’ai donc un compte instagram (@photovolcanique) et un site internet qui devrait être opérationnel au moment ou cet interview sera en ligne (photovolcanique.com).

Pour ce qui est du matériel:

-boitiers: canon 7d (premier du nom), canon 5dmk3
-objectifs: canon 300mmf4 Is USM, canon 15-85mm, tamron 70-300, bonnette macro raynox 250, bonnette macro canon 500d, extender canon *1.4 mk2. Acquisition du canon 400mm f2.8 mk3 en projet courant 2021.
-trépied: manfrotto befree advanced, tete fluide
-affut: tente/affut une place sealthgear, filets militaires
-camouflage: ghillie suit de chez jama, vêtements issus de surplus militaire

Le mot de la fin :

-Je vais profiter du mot de la fin pour défendre ma vision du sauvage. Une vision SAUVAGE du sauvage. La photographie animalière étant devenue un phénomène de mode, je vois fleurir un peu partout sur les réseaux les termes de “mignonnerie” et de “mignonitude”. La nature n’est pas “mignonne”. Employer ces termes est déjà à mon sens une forme d’anthropomorphisme et curieusement, quand une ourse est contrainte de consommer sa portée pour ne pas mourir de faim, ou quand un lynx réduit à néant une portée de renardeau, la mignonnerie se fait subitement la malle. Je peux concevoir qu’un sujet (juvénile notamment) puisse être “touchant” ou susciter certaines émotions mais il est à mon sens important de se rappeler que ces émotions sont les nôtres, pas les leurs. On voit trop circuler une vision édulcorée de la nature et des descriptions d’images qui fleurent bon le sirop à la guimauve. Le monde sauvage doit le rester et même si je vais en décevoir plus d’un, les licornes n’existent pas.

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.